Monographie/Archives
Walter Sauer
Saint-Gilles, 1889 – Alger, 1927
Dessinateur, peintre et graveur, Walter Sauer est une figure singulière du symbolisme bruxellois. La Bern’Art lui a consacré une monographie en 2001 et tient depuis les archives de son œuvre, où sont répertoriées plus de 1 300 œuvres.
INotice
Né à Saint-Gilles le 12 février 1889, Walter Sauer entre à quatorze ans à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles.1 Il y suit l’enseignement de Constant Montald, qui le distingue en composition décorative, et se forme dans l’entourage des peintres idéalistes, Jean Delville et Émile Fabry au premier rang. De ce milieu, il retient moins une iconographie qu’une exigence : celle d’un dessin qui porte à lui seul le sens de l’image.
1En octobre 1903. Il obtient les prix de composition décorative en 1906 et 1907.
Un antiquaire japonais, Murakami, lui fait découvrir l’estampe japonaise. De santé fragile, tenu à l’écart des combats pendant la Première Guerre mondiale, il délaisse vers 1916 la peinture au profit du dessin : fusain, pierre noire, sanguine et surtout pastel, sur papier japon ou sur des feuilles qu’il fait cirer pour donner aux carnations un ton d’ivoire. L’or et l’argent viennent parfois rehausser la feuille.2
2Le support, papier ciré ou japon, compte parmi les éléments examinés lors de l’expertise.
La figure féminine occupe le centre de cette œuvre : parfois modèle nu, plus souvent figure mystérieuse, voilée, mélancolique, telle la jeune femme reproduite en couverture de notre monographie. Les religieuses en prière de 1918, dont La Novice, l’Extase de 1919 ou L’Étreinte, dite aussi Daphnis et Chloé, de 1925, jalonnent une œuvre à la charnière du symbolisme finissant et de l’Art déco.3
3La Novice, 1918, pierre noire et pastel sur papier ciré, 55 × 41 cm.
Des expositions personnelles lui sont consacrées à Bruxelles en 1919 et à Gand en 1920. En 1923, quatre-vingt-deux de ses œuvres sont réunies au Cercle artistique et littéraire de Bruxelles, au Waux-Hall.4 Ses voyages en Espagne et en Algérie nourrissent des figures de femmes algériennes et d’hommes du Maghreb ; il dessine aussi des Bretonnes.
4Ses œuvres figurent notamment dans les collections des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, à Bruxelles.
C’est en Algérie, où l’a conduit une commande du baron Allard, qu’il meurt, à l’hôpital Mustapha d’Alger, le 6 septembre 1927. Il avait trente-huit ans.
Dès 1930, le Mémorial Walter Sauer publié par G.-M. Baltus reproduit vingt-six de ses œuvres et en dresse un premier catalogue, partiel.5 En 1974–1975, la Galerie L’Écuyer lui consacre une rétrospective, Walter Sauer, symboliste de l’éternel féminin. Notre monographie de 2001, puis nos archives, en ont pris la suite : plus de 1 300 œuvres sont aujourd’hui répertoriées, pour une carrière d’à peine deux décennies.
5Bruxelles, J.-E. Goossens, 1930 ; tirage limité à 335 exemplaires, avec la liste des « Amis de Walter Sauer ».
IIL’œuvre
Dessin rehaussé, 52 × 29 cm Collection privée
Technique mixte sur fond or, 65 × 41,5 cm Collection privée
Ce que l’on examine sur une feuille de Walter Sauer.
- Techniques
- Fusain, pierre noire, sanguine, pastel ; aquarelle ; estampes. Rehauts d’or et d’argent.
- Supports
- Papier japon ; feuilles cirées, qui donnent aux carnations leur ton d’ivoire.
- Sujets
- Figures féminines, voilées ou rêveuses ; religieuses en prière ; couples ; enfants ; Bretonnes, femmes algériennes et hommes du Maghreb.
- Signature
- Nom en toutes lettres ou monogramme, souvent accompagné d’une date.
IIIChronologie
- 1889
- Naissance à Saint-Gilles, près de Bruxelles, le 12 février.
- 1903
- Entre en octobre à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles. Élève de Constant Montald.
- 1906–1907
- Prix de composition décorative.
- v. 1916
- Se consacre au dessin : fusain, pierre noire, sanguine, pastel.
- 1918
- Figures de religieuses en prière, dont La Novice.
- 1919
- Exposition personnelle à Bruxelles. Extase.
- 1920
- Exposition personnelle à Gand.
- 1923
- Quatre-vingt-deux œuvres au Cercle artistique et littéraire de Bruxelles, au Waux-Hall.
- 1925
- L’Étreinte, dite aussi Daphnis et Chloé.
- 1927
- Part pour l’Algérie à la suite d’une commande du baron Allard. Meurt à Alger le 6 septembre.
- 1930
- Mémorial Walter Sauer, par G.-M. Baltus : vingt-six œuvres reproduites, un premier catalogue partiel.
- 1974–1975
- Rétrospective à la Galerie L’Écuyer : Walter Sauer, symboliste de l’éternel féminin.
- 2001
- Monographie de Philippe et Michel Massant, Bruxelles, Bern’Art.
- Aujourd’hui
- Archives Bern’Art : plus de 1 300 œuvres répertoriées.
IVArchives
Plus de 1 300 œuvres répertoriées.
Depuis la monographie que nous avons publiée en 2001, nous n’avons cessé d’enrichir nos archives consacrées à cet artiste discret et longtemps méconnu : un peu plus de 1 300 œuvres y sont aujourd’hui répertoriées.
Ces archives fondent les avis que nous rendons sur les œuvres de Walter Sauer, et que sollicitent collectionneurs et maisons de vente.
Vous possédez une œuvre de Walter Sauer ?
Signalez-la-nous : chaque œuvre nouvelle enrichit les archives. Vous pouvez aussi nous demander un avis sur une feuille dont vous souhaitez connaître l’authenticité ou la valeur.
Les informations communiquées restent strictement confidentielles ; l’anonymat des collections privées est respecté.
- une photographie de l’œuvre, de face et sans reflet ;
- une photographie du revers ;
- un détail de la signature ou du monogramme ;
- les dimensions et la technique ;
- la provenance, les inscriptions, étiquettes et mentions d’exposition éventuelles.
VLe marché
Une cote en progression.
Les œuvres de Walter Sauer passent régulièrement en vente publique, en Belgique, en France et au Royaume-Uni. Selon les données d’Artprice reprises par la maison Millon, l’indice de ses prix a progressé de près de 37 % en 2023 ; le Mémorial de 1930 est lui-même recherché.
Dans ce contexte, l’identification et la documentation de chaque feuille sont décisives : c’est le rôle de nos archives.
VIBibliographie
- 2001 Philippe et Michel Massant, Walter Sauer 1889–1927, Bruxelles, Bern’Art, 2001. In-4°, 123 p., texte en français et en néerlandais. Notice complète
- 1974–1975 Walter Sauer, symboliste de l’éternel féminin, catalogue d’exposition, Galerie L’Écuyer, 1974–1975.
- 1930 G.-M. Baltus, Mémorial Walter Sauer, Bruxelles, J.-E. Goossens, 1930.